Tourviers-Calidon
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Un roman en cours de route…

Un arbre crève l’autoroute et coupe la circulation.

Le gouvernement décide de réunir sur l’aire de Tourviers-Floralies les familles, les couples, les groupes de voyageurs qui passaient par là. Dans ce camping improvisé, la lutte politique se noue autour du Parti Végétaliste pendant que d’étranges biologistes magicien.nes essayent de comprendre d’où sort cet arbre inconnu qui discute avec les animaux.

L’A7 et l’aire deviennent le lieu d’une apocalypse tranquille. L’arbre semble favoriser les rencontres entre personnes, classes, espèces. Au cours du roman, les glissières s’estompent ou renaissent, tout le monde bricole et la langue prolifère en ajoncs multiformes et surprenants.


Maman avait passé les six derniers mois à mettre au propre le budget de l’Amicale croix-roussienne de belote qui lui livrait chaque semaine un sac de tickets de caisse. C’est dire la louze. Papa traînait toujours son chômage et trois espoirs déraisonnables de contrat court dans la recherche en sciences sociales. On n’osait plus le conseiller. C’est quand il a parlé de faire une formation paillasse – au nom de l’interdisciplinarité – qu’on s’est inquiété.e.s.


Je vous préviens que si une ZAD s’installe sur l’aire de Tourviers-Floralies, je vous détache comme conservateur de cimetière à Roubaix.
– Oh, je viens de Roubaix ! dit le commandant Planque, sous le coup de la nervosité.
–  Et bien vous irez à Paris !


c’était une grande plâtrée de pâtes à la sauce tomate avec des carottes, des haricots rouges, il y avait même une version avec du tofu et une autre avec du maquereau. La file avança progressivement et les quelques gratteureuses trop abusifives se firent gentiment tancer. Les gens regardaient les assiettes avec envie, et puis, plus ça avançait, plus c’était bien rempli. Les gens étaient content.es, ça félicitait même les flicques. L’un d’eux prit un porte-voix et dit :
– Dites merci à Emma et Jean-Luc qui ont fait à manger pour vous ce soir !


il était recouvert de terre et de morceaux de goudron, poisseux de sève et de résine, d’une verdeur pleine de nuances, depuis la base, foncée, qui s’éclaircissait au fur et à mesure que le regard s’élevait ou se déplaçait latéralement pour aller vers les extrémités des branches, allant d’un vert gras à un vert transparent comme de l’eau à peine teintée par des minéraux.


Les autres types allaient et venaient, il n’y avait qu’elleux deux qui restaient en permanence vissé.es aux sièges. Ces autres mecs, pas la peine de les nommer : ils passaient, une fois l’un d’eux avait voulu emmener Justine au bar prendre un verre : en discutant devant deux mojitos médiocres son sourire l’avait fait flipper. Ça n’empêchait pas leurs relations de rester cordiales. Elle évitait désormais d’être seule avec lui, pas qu’elle craigne une dinguerie de sa part – même si le risque existait toujours – plutôt parce qu’il était foncièrement triste.


Nède avait enfin montré à Jenny la capacité du bioticier de vous happer à l’intérieur de lui, se faire à la fois minuscule et très grand et vous réduire pour vous adapter à sa taille. Elle l’avait caché après l’avoir reçu des mains de son maître dans une bouteille de lait et lui avait donné la forme d’une prairie au bord d’un lac, en tirant le fil de l’eau ; elle avait d’abord pensé à une plage puis s’était laissée séduire par la verdure. Là-dedans elle faisait de longues siestes méditatives hors du temps. Mais elle ne savait pas quoi en faire.

15 rue de la Labyrinthèque, 13403 Calidon

5, route de la Montagne, 83806 Tourviers

 

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